Comment je suis devenue vannière et productrice d'osier...

… et pourquoi c’est important pour moi de produire en France, et en Agriculture Biologique

Productrice Osier Bio France

Produire de l'osier en France : les racines du projet

Après moultes péripéties, sur le chemin pour trouver comment mettre à la fois de la joie et du sens à mon quotidien, tout en contribuant à faire émerger le monde dans lequel j’aspire à vivre, c’est l’osiériculture/vannerie qui a eu la préférence.

En développant cette activité agricole (certifiée Agriculture Biologique), artisanale et artistique, je souhaite contribuer à prendre soin du Vivant (en commençant par moi, mes proches, mon environnement, jusqu’au sens le plus large du terme), tout en trouvant du sens et de la joie dans mes activités au quotidien… Et les partager !

Le Jardin dans Les Saules‘, c’est un clin d’oeil au roman ‘Le vent dans les saules’ (poésie des mots – aventure – amitié).
Ainsi qu’au projet initial (inspiré de l’agroforesterie, mais pas seulement) de parcelles maraîchères alternées avec des parcelles d’osier…
Tout en évoquant l’âme du projet : respecter au mieux les sols et la biodiversité.
Dans les limites de mes connaissances actuelles…

Enfin, « je suis tombée dans la vannerie » en cherchant des contenants cohérents pour mes futurs légumes biologiques. Si je suis tombée amoureuse du geste, c’est la magie de produire des objets solides et durables (tout en restant biodégradables !) à partir de ces petits brins tout fins, locaux, renouvelables tous les ans et piégeurs de CO2 qui m’a décidée à me former professionnellement.
# INFOL’osiericulture et la vannerie, kesako?

Tissage Osier France - Technique Odero

Produire de l'osier en France : mon parcours

Des études de biologie (parce que connectée à la nature depuis toujours), puis de commerce international (l’injonction de ‘réussite’ sociale, et puisqu’il faut choisir, autant que cela rejoigne mon goût de découvrir des univers nouveaux et différents). Et dès mon premier poste, je réalise que la façon dont raisonne ‘l’entreprise’ ne me convient pas: aussi bien dans la manière de considérer la ‘main d’œuvre’, que de la recherche de profits financiers ‘à tout prix’.
Et surtout, que j’ai besoin de vivre dehors, d’avoir une activité physique, dans la nature.

Je me réoriente donc dans un premier temps vers une de mes passions d’enfance, l’équitation. Après un BPJEPS, et une formation en équitation éthologique, je partage aux particuliers propriétaires de chevaux une autre relation à leur animal. Une très belle et très riche aventure humaine !
Tout en continuant à réfléchir au monde qui m’entoure, et à ce que j’aimerais y vivre… Un moment, je rêve de voir l’entreprise réformée (et donc le monde 😉 ) de l’intérieur (petit Don Quichotte qui s’ignore…), et me penche sur les approches d’organisation horizontale, le bonheur au travail, et la CNV. 

Pour finalement réaliser que je ne suis pas en capacité d’avoir l’impact que j’aimerais, et surtout, intégrer au passage que « ma seule zone de pouvoir, c’est moi-même ».

Du coup je choisis de mettre mon énergie ailleurs. Un film, « En quête de sens » (enquetedesens-lefilm.com) marque cette période. À la fois parce qu’il me permet de me sentir moins seule dans mes propres tribulations, mais surtout parce qu’il me montre cet élan qui émerge mondialement (espoir !!!), et les différentes manières de le matérialiser (inspiration).

Corbeille Osier tressage celtique, sur une plage de galets en Bretagne
Corbeille Osier technique Burkina, sur une plage de galets en Bretagne

Produire de l'osier en France : ce qui m'anime

Alors je continue à contribuer à faire émerger le monde dans lequel j’aimerais vivre (petit pas par petit pas, je ne suis pas encore arrivée là où j’aimerais être ).
Zéro déchet, achats locaux/bio directement au producteur, recherche de produits ‘ made in France ‘.
Parce que les 35h, la sécu, et la retraite, je trouve ça chouette, et que je n’ai aucune joie à acheter des produits pas chers, quand j’ai conscience que ces prix proviennent de l’exploitation d’humains juste à côté, ou juste un peu plus loin.
Et qu’au passage, la nature, et les conditions de vie nécessaires à la faune, la flore, et l’espèce humaine sont mises en danger, toujours au nom du ‘profit’ (pour un tout petit nombre, au détriment de la majorité)…
De toutes ces réflexions, émerge très clairement la conscience que « les prix bas ont des coûts cachés » – humains, environnementaux, sociaux, sociétaux, politiques…
Et le ‘prix juste‘ devient très important pour moi.
# BlogComment ils font, ceux qui vendent moins cher?

Et en même temps, j’avance sur comment lier ces valeurs et convictions à mon activité quotidienne. J’avais eu l’occasion de découvrir le Maraîchage Biologique grâce à une cliente, agricultrice en AB, qui en fin de carrière, installait un maraîcher sur ses terres (merci Martine et Arnaud !).
Et de réaliser que j’aimais ce lien concret et physique avec la nature, et la production d’une alimentation bonne pour l’environnement et pour le corps (et donc, la santé en général).
L’approche permaculturelle (parce que comme ça, « ça a du sens »), ainsi que les approches agronomiques plus récentes (MSV, agroforesterie, etc…) achèvent de me convaincre.
Des stages pour valider le projet, un BPREA Maraichage Bio en poche, me voici prête à m’installer.

Alors que je peaufine mon expérience en travaillant comme saisonnière en maraichage, je profite de ma semaine de vacances pour aller découvrir la vannerie : cela m’a toujours intéressée, et j’aime l’idée de contenants en cohérence avec mes convictions.
Et je tombe amoureuse… Du geste, du miracle de produire un objet solide et durable à partir de ces petits brins tout fins…
De la magie de ce matériau (l’osier), qui pousse très bien en Bretagne (local)…
Ce n’était pas le projet, mais après tout, je ne suis pas encore installée, j’ai encore la possibilité de le faire : me voici partie pour un CAP Vannerie à Fayl-Billot, à l’autre bout de la France.

Dans le même temps, je débute la recherche de foncier, juste avant le début du COVID… Je vous passe les difficultés (engouement pour la Bretagne + engouement pour la campagne) pour parvenir à trouver un bien qui convienne à peu près, dans notre budget…
Je termine le CAP fin Juin 2021, nous signons l’achat d’une ruine et de 4 hectares plus ou moins entretenus en Juillet, et voilà, l’aventure commence…

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