Hommage à Peggy

Ce 17 Mars 2025, Peggy aurait dû fêter ses 50 ans…
C’est le jour que j’ai choisi pour célébrer notre amitié, et annoncer des changements.

Aujourd’hui, Peggy aurait dû fêter ses 50 ans.
Peggy, qui tout comme moi, avait quitté la Bretagne pour passer 10 mois dans l’Est, guidée par son souhait de développer une activité en accord avec ses valeurs.
C’est là que nous nous sommes rencontrées : nous y avons partagé les pannes de chauffage en plein hiver dans le Grand Est, notre perplexité face à une formation qui ne répondait pas à nos attentes, et des soirées sous les étoiles à refaire le monde.

Cela forge des liens denses : c’était ma ‘’sœur d’armes’’.
Des liens que nous avons continué à tisser de retour en Bretagne, autour de la similarité de nos parcours de vie, de nos aspirations. Et particulièrement autour de nos projets d’installation.

Peggy et son humour décapant, curieuse de tout, en émoi devant les miracles de la nature.
Peggy, écorchée vive, dont la sensibilité menait parfois à l’intransigeance.
Peggy qui faisait partie de ceux qui nourrissent ma bulle d’espoir pour le monde, ma sœur de cœur, n’est plus.

Début Décembre 2024, elle a choisi de mettre fin à ses jours.
Dans le courrier qu’elle m’a laissé, elle évoque ‘’l’épuisement face aux obstacles et aux défis à relever en chemin’’.
Confrontée à la difficulté de faire rimer son engagement écologique et son envie de proposer des produits ‘’accessibles’’, dans un monde en totale inadéquation avec ses convictions, elle m’écrit : ‘’je n’ai plus aucune force, aucun énergie, aucun ressort. Je suis physiquement épuisée ; psychologiquement vidée. Je n’ai plus de créativité, plus de projection. Mon imaginaire ne fonctionne plus’’.

J’ai été bouleversée par son geste. Une partie de moi ne parvient pas encore à intégrer que je ne verrai plus sa bouille encadrée de bouclettes.

Au-delà des émotions intenses qui m’ont traversées depuis, ce que je souhaite partager, c’est le fruit des réflexions qui m’ont accompagnées pendant la récolte de cet hiver.

Peggy conclut son courrier par ‘’Merci d’avoir composé une petite musique avec moi… et joue ton hymne aussi fort que tu le peux ; il est beau !!!’’.
Et c’est bien ce que je compte faire : continuer à mon niveau, avec mes possibilités, capacités, ‘en-vies’, à contribuer à faire émerger la société à laquelle nous aspirions.

Parce que la réalité, c’est ce que nous créons.
« Sois le changement que tu veux voir dans le monde »
Je veux de la joie, que la vie reste un jeu, parce qu’elle est courte et versatile.
Je rêve que la compassion et l’équité orientent les décisions de l’humanité…
(Peggy était découragée, et elle n’avait pas assisté aux dernières décisions politiques en matière d’environnement, ainsi que sur le plan social !!! Ni été effarée du ton donné par le dernier président US et sa clique…)

Enfin, j’ai besoin d’un meilleur équilibre de vie, pour frôler moins souvent l’épuisement, et préserver mes élans, ma créativité, ma bonne humeur, ma bienveillance/tolérance.
J’en suis arrivée à la conclusion qu’il est souhaitable de procéder à quelques ajustements.
J’y réfléchissais depuis un moment, le suicide de Peggy m’y a décidée : j’augmente mes tarifs, et je m’y tiens…
Jusqu’ici, mon tarif était calculé (compte tenu de mes charges et de mes choix de production) pour me permettre de dégager à terme un revenu de 1 100€ nets pour 48h semaine et 3 semaines de vacances…
Il sera désormais calculé pour me permettre de dégager un revenu net de 1 500€ par mois, pour 40h semaine, et 5 semaines de vacances.

( Y’a pas de raisons d’en chier plus qu’un Smicard pour sauver la planète… 🙂 Pendant que ceux qui exploitent le vivant en ne se souciant que d’eux-mêmes engrangent des milliards !)

Au-delà de la nécessité de faire bouger les lignes pour moi, il y a un réel engagement à prendre le temps de vous partager l’information : peut-être faire bouger les lignes pour les autres aussi, pour toutes les Peggy du monde…

J’aime trop créer et faire du sur-mesure pour me lancer dans la série, et je n’envisage pas de faire autrement que de prendre le temps du travail soigné et de la qualité…
Il est évident que cette décision d’augmenter mes prix de vente va faire atteindre à mes pièces des tarifs qui rebuteront la majorité des personnes que je pourrais croiser sur les marchés.
Je vais donc faire un dernier tour des marchés des copains, ceux qui ont tendu une main chaleureuse, pour dire merci et au revoir.

Et pour ceux qui souhaitent soutenir l’émergence d’un autre modèle collectif, respectueux du vivant, par le biais de leurs achats, je reste disponible pour les commandes.

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