L’osiériculture, l’osier et la vannerie, kesako?

Il est possible de fabriquer des objets à partir de toutes sortes de végétaux. J’ai pour ma part choisi l’osier, déjà parce qu’il pousse en France, et que le climat Breton lui convient très bien, ensuite parce que professionnellement, cultiver est plus efficace que glaner, et que le saule se prête bien à la culture.
Et c’est une plante qui a de multiples utilisations: voir le livre « Le saule, la plante aux milles pouvoirs ».

L’osiériculture et l’osier

L’osiériculture, c’est donc planter (en hiver) des boutures de saule, que l’on récoltera ensuite tous les hivers (souplesse et couleurs de la branche d’1 an) après la chute des feuilles (descente de sève).
Entre les deux, il est utile, pour son développement, et pour faciliter la récolte, d’entretenir l’oseraie en la désherbant (manuellement ou mécaniquement, en bio).
Un paillage permet de limiter la présence d’herbacées au pied, et de conserver l’humidité du sol (en Bretagne, le paillage me permet de ne pas arroser l’oseraie, et donc de préserver les ressources en eau).

Après récolte, l’osier est mis en botte au champs, avant d’être ramené dans la zone de tri. Où chaque brin est trié (brins utilisables/non-utilisables, calibrage par longueur de 20cm en 20cm), avant d’être remis en bottes.
L’osier frais est utilisé pour replanter (brins ou boutures), ou pour les structures en Osier Vivant (aménagements paysagers : haies, etc…), ou d’agrément (cabanes, architecture végétale), de préférence avant fin Mars.
L’osier brut (celui dont on conserve l’écorce, pour ses couleurs), est mis à sécher pendant 6 mois minimum avant utilisation.
L’osier destiné à faire de « l’osier blanc » (=osier écorcé) est mis au routoir (=les pieds dans l’eau) jusqu’à la montée de sève printanière (= l‘écorce se détache plus facilement), et à partir de Mai (en fonction des variétés), chaque brin est défait de son écorce (=épluchage, pêlerie…) avant de passer au séchage.

Enfin, pour retrouver de la souplesse, l’osier sera retrempé (2 heures pour l’osier blanc, 3 à 21 jours pour le brut) avant d’être travaillé.
Fabriquer un panier rond « en plein » (20cm de haut, 33cm à l’ouverture) et son anse nécessite au minimum 170 brins de 1,20m à 2,20m.
Soit approximativement 2kg d’osier sec…
Travaillant artisanalement sur de très petites séries (1 à 5 objets), le fabriquer me prend plus d’une journée, de la préparation de la matière (tri des brins par zone de tissage, trempage) aux finitions.

Pour conclure, un petit détail qui me tient à coeur: bien différencier l’osier du rotin, qui est lui une plante qui ne pousse que dans les climats tropicaux, et donc nécessairement importé…

La Vannerie

La Vannerie, c’est l’art de tresser les végétaux pour en faire des objets.
Une des premières techniques développée par l’homme pour fabriquer de quoi transporter ses cueillettes.
Les premières traces retrouvées datent de 10 500 ans avant JC.
Il existe de nombreuses variations techniques et esthétiques, en fonction des pays (végétaux disponibles) et de l’usage des objets.

En France, chaque région a ses techniques et ses spécificités, même si parfois elles s’entremêlent.
Le Limousin-Périgord, par exemple, a une longue tradition du travail du châtaignier, avec les feuillardiers.

En Bretagne, historiquement, le noisetier, le châtaignier et l’osier sont régulièrement utilisés, mais aussi la paille, la ronce, la bourdaine…
Et les techniques varient en fonction des usages.
L’hiver, les paysans tressent les contenants pour la récolte, le vannage, le stockage…
Près des côtes, ils travaillent également à produire nasses et casiers, et paniers à laver le poisson…
Chaque métier a ses objets spécifiques: ruches pour l’apiculture, bannetons et autres clayettes en boulangerie.
Sans oublier les chaises et les chapeaux!

Pour approfondir le sujet, Roger Hérisset a fait de sa thèse un magnifique ouvrage « La Vannerie en Bretagne« , qui par le biais d’une approche ethnologique, vous permettra de découvrir les techniques régionales.

Et toutes ces techniques peuvent s’entremêler, nourrir l’inspiration du #vannier #artisan d’art #artiste pour créer de nouvelles pièces de vannerie contemporaine, au gré de sa créativité.
A suivre, des photos de mes créations qui illustrent ce voyage vannier. 🙂
* Techniques 1 & 2 apprises auprès de Thomas Louineau
* Technique 3 apprise lors d’un partage avec Anne Beaujon
* Techniques 4&5 apprises auprès d’Alexandra Klaus

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